L'arbre, mon compagnon d'écriture
Sous l’arbre ancien,
Pluie d’or caresse la terre,
Souffle oublié.
Aube frémissante,
Lumière danse en silence,
Passé suspendu.
Dans un univers suspendu entre le souffle ancien de la Terre et le fragile frémissement de l’aube nouvelle, je m’éveille sous les branches touffues d’un arbre mystique où la lumière s’égoutte en pluie d’or sur le sol vierge de toute souillure humaine. Je garde en mémoire le moment où j'ai déposé mes confidences aux branches mouvantes, les laissant s'éparpiller avec grâce au sein d'un feuillage verdoyant et portées par le rythme ensorcelant d'une chanson venue des cieux.
Aujourd’hui, je marche sous l’arche des anciens écrits que j’avais inventés. Dans ce brouhaha de murmures étouffés par le temps qui passe, je cherche à ranimer la flamme vacillante du vivant. Il me semble entendre les soupirs de mes rêves endormis sous la pliure caressante de l’enchantement.
Enveloppé d'une brume de cendres, le ciel s'habille d'un voile gris tourmenté, teinté par les mains frénétiques de l'humanité.
Dans mes écrits d’autrefois, je m’étais aventurée vers un chant ancien, une mélodie figée dans l’éclat fragile du cristal des souvenirs.
Je percevais déjà cette renaissance délicate, pourtant essentielle, sensible au subtil rythme de la vie. Le déclin annoncé semblait si proche que je sentais sa montée sournoise, son ascension perfide vers les abîmes du néant.
Les années ont passé et, dans ce monde où certains se battent simplement pour survivre, une poésie pure et cristalline refuse obstinément de céder à la décadence. L’enchantement décrit dans l’un de mes livres est bien cette harmonie qui célèbre la beauté de cette autre humanité qui décide de danser sous la pluie, même si elle est acide.
Alors, je marche vers cette métamorphose souhaitée, vers cette lumière qui saura éteindre le désert des ombres. Le sol peut bien se craqueler sous mes pas, le ventre de la Terre recueillera toujours les brebis égarées. Je crois en la force inépuisable de la nature, à ses pouvoirs de guérison. Survivre aux doutes et aux erreurs ne signifie pas seulement exister, mais, à elle seule, la Terre est prête à réinventer tout geste offert au sacré de la vie.
Dans le silence de cette aube nouvelle, je continue à cultiver cet enchantement gracile qui nourrit mon arbre imaginaire par le reflet d’une étoile cachée derrière la cupidité et le chacun pour soi. Dans le chant discret d’un monde qui renaîtra malgré tout, les maléfices du pouvoir iront mourir dans la gangue nauséabonde des horreurs humaines. Celles qui ne font pas le poids face à celui qui sauve, face à celui qui aime infiniment cette Terre qui nous porte. Et, dans une prière murmurée à l’oreille du vent, l’acte d’amour infini est un hymne aux cœurs purifiés par le seul et unique sentiment qui vaut d’être vécu : L’Amour.
