Dans mes songes
Il y a le vent qui pose un pétale de rose sur la pelouse flétrie par l’été finissant.
Il y a la vie qui aiguise les aveux répandus sur le lit blanc de la page.
Il y a ce besoin de mordre dans la plume lorsque le trait des mots est encore aussi pur qu’un bourgeon fermé.
Il y a aussi cette parole entendue dans le sommeil et qui dort encore entre les lèvres closes.
Il y a des mains tendues vers le ciel qui s’amusent à attraper les nuages prisonniers de forteresses invisibles.
Et puis, il y a ce regard captif des ronces du temps voulant attraper un visage oublié.
Il y a le futur qui trace sur le dos de l’existence, une encre impatiente de jaillir.
Puis, lorsqu’un songe devient le cours d’une rivière, il y a un pont de bois qui traverse l’onde.
Épaulant la courbe parfaite des collines, il transporte la brume sur l’ovale des jours.
Demain sera toujours un espoir frêle et imparfait…
Extrait du recueil Feuilleter les nuances du ciel
